Impresses

 Impresses Raymond Bozier Fenêtres sur le monde, publie.net

les parfums des saisons

les papillons de nuit

les oiseaux égarés qui heurtent les plafonds

cognent contre les murs et repartent

comme s’ils étaient soudain devenus ivres

les intrusions massives de fourmis volantes

les pollens

la mauvaise haleine des villes

les relents de campagne et de pelouse fraîchement tondue

les bruissements de feuillage d’un arbre proche

les échos lointains

la vision d’un merle dans un cerisier blanc

la chute lente et miraculeuse de la neige

le claquement d’un volet

le martèlement de la pluie sur les carreaux

les voix des passants

le va-et-vient assommant des voitures

les lumières changeantes du jour

l’éclairage artificiel des nuits urbaines

la lune et les nuages emportés par le vent

la prolifération du vide autour du crâne

les façades

le besoin d’épier ses semblables

les reflets bleutés des postes de télévision le soir

la lumière orange des lampadaires au sodium

le goudron des rues, les bordures en ciment des trottoirs

les miaulement de bêtes en chaleur

les bruits d’une perceuse

le passage d’un hélicoptère

les poteaux en ciment, les fils électriques

les cris stridents des martinets

les rideaux

les dessins du givre sur les vitres

les araignées attachées à leurs fils et dérivant dans le ciel

les ombres

le repos des choses

les parterres de fleurs

la nourriture du regard

la douce quiétude du temps

le plein poumon de l’existence